lundi 26 décembre 2016

Oleg Kalouguine doute que les services de renseignements russes aient mené une opération visant à soutenir un des candidats à la présidence.

L'ancien général du KGB Oleg Kalouguine, qui à l'époque soviétique supervisait les agents du KGB aux USA, doute que les services de renseignements russes aient mené une opération visant à soutenir un des candidats à la présidence, notamment parce qu'il aurait été très aléatoire de miser sur Donald Trump qui est quelqu'un d'imprévisible.

Trump est une victoire pour Poutine, mais c'est une victoire relative. Mais très relative, parce que Trump, à mon avis, est un homme imprévisible. Je ne ferai ici pas de pronostic sur la possibilité d'une amélioration des relations entre la Russie et les USA. D'autant plus qu'en Russie rien n'a changé et que Trump pouvait dire n'importe quoi dans ses déclarations de campagne. Lorsqu'il arrivera au pouvoir, qu'il l'aura pris en main à la Maison Blanche, je pense qu'il ménera sa propre politique, fondée sur ses propres intérêts. 

Du point de vue du professionnel, est-ce que la version d'une opération du Kremlin visant à soutenir la candidature de Donald Trump est plausable?

Jusqu'à présent je ne considère pas comme un fait la participation délibérée du gouvernement de Poutine à l'organisation de toutes ces actions avec l'utilisation de hackers sur le territoire des USA pendant la campagne électorale. Je pense qu'il faut encore attendre que des éléments apparaissent qui viennent confirmer cette version.

A l'époque soviétique, le gouvernement essayait-il dans une certaine mesure d'influencer le processus électoral aux USA, d'influencer l'issue des élections ou bien considérait-il cela comme une action trop risquée ?



Je suis d'accord avec vous sur le fait que c'est une entreprise très dangereuse. L'URSS soutenait évidemment le parti communiste américain sur le plan financier, mais nous avions aussi créé quelques organisations. En particulier, j'ai personnellement pris une part active à la création d'associations, sur le modèle du mouvement des droits civiques des Noirs, que dirigeait alors Martin Luther King. Le KGB avait créé des organisations qui travaillaient supposément en relation avec MLK, mais qui en fait exécutaient les ordres du Kremlin. Une situation analogue existait, liée au problème des organisations sionistes américaines qui accusaient la Russie d'antisémitisme. Nous soudoyions un des responsables d'une organisation sioniste, et nous créions pratiquement un contre-poids, peut-être pas très important, mais néanmoins un contre-poids à la propagande américaine, qui accusait la Russie d'antisémitisme.

Peut-on supposer que le Kremlin ait voulu faire en sorte qu'un Président conciliant vis-à-vis de la Russie se retrouve à la Maison Blanche et qu'alors il ait essayé d'agir dans ce sens ?

A l'époque on essayait dans une certaine mesure d'influencer le gouvernement US en confirmant que les intentions russes à leur égard étaient bienveillantes. Comme les USA considéraient toujours la Russie comme un agresseur potentiel, l'objectif des organes [de sécurité] en particulier, était non seulement la propagande, mais plus spécifiquement de modeler une autre image de la Russie, l'URSS à l'époque.


Traduit du russe par mes soins.

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