mercredi 3 février 2016

Collaboration entre les services secrets irakiens et le KGB.

"C'est Saddam Hussein qui supervisa la restructuration de la police secrète. [...] Trois agences indépendantes furent créées qui répondaient directement au Conseil de Commandement de la Révolution (CCR) :

1- L'Amn ou Direction de la Sécurité Générale (DRS), l'ancien département de Nadhim Kzar, fut transformée et modernisée. Vers la fin de 1973, Saddam Hussein scella un un accord secret avec le directeur du KGB Youri Andropov, sur la base de certaines clauses du Traité d'Amitié Irako-soviétique signé en 1972 (négocié lui-aussi par Saddam Hussein). Cet accord, révélé à l'Ouest par des dissidents du parti Baath après les purges de 1979, prévoyait :
  • a) une réorganisation de tous les aspects de la sécurité intérieure d'après les recommandations du KGB
  • b) que le KGB fournisse de l'équipement sophistiqué de surveillance et d'interrogatoire
  • c) un entraînement pour les personnels irakiens dans les écoles du KGB et du GRU (renseignement militaire) en URSS
  • d) un échange d'informations entre les services des 2 pays
  • e) que les ambassades d'Irak s'engagent à fournir une assistance aux agents soviétiques opérant dans des pays avec lesquels l'URSS n'avaient pas de relations diplomatiques."

Republic of Fear: The Politics of Modern Iraq (1989) - Kanan Makiya (Samir al-Khalil)

Pour mémoire, les principaux dirigeants de l'Etat Islamique sont d'anciens officiers des services secrets de Saddam....


2 commentaires:

  1. Voici un article du journaliste russe Aleksandr Sotnik à l'occasion du risque de la dégradation des rapports entre la Russie et la Turquie :

    Le propagandiste russe Serguei Dorojenko a déjà annoncé d'une voix enthousiaste le doux rêve du Kremlin : « Nous volons vers la guerre avec la Turquie » Ils volent comme des faucons. Et ce sera à la population de la Russie de déplorer ces fantaisies d'aventurisme militaire. Et ce sera aussi à elle de mourir sur les fronts russo-turcs. Vous ne verrez ''les filles du grand commandant en chef'' ni dans les tranchées ni en blouses blanches d'infirmières. Tout comme les fils du scandaleux Tchaïka (procureur général de la Fédération Russe)

    « Poutine, c'est la guerre garantie », m'a dit une fois Andrei Piontkovsky lors d'une de ses entrevues. Et c'est la pure vérité. Son agression se développe logiquement en spirale. La Géorgie, l'Ukraine, les « entraînements » en Syrie et finalement le choc désiré avec la Turquie. Pourquoi désiré ? Parce que la Turquie est un membre de du bloc de l'OTAN. Voilà, on planifie de faire la guerre avec un ''tampon'' en son genre entre le Kremlin et le bloc Nord atlantique. Dans la rhétorique de la propagande il y a maintenant des expressions telles que « force de la grande Russie en guerre avec l'occident pourrissant » ou encore seule la Russie de Poutine est « capable de s'opposer à l'Amérique sans âme et à l'Europe en reprenant son rôle de second pôle politique ». Cela fait longtemps que Poutine délire sur le retour du ''monde bipolaire'' et il essaie immuablement de réaliser ses fantaisies d'homme des cavernes, en prenant ses sources dans les collections des bureaux d'agitation et propagande communistes et tchékistes du siècle passé.

    Il ne fait aucun doute que les provocations avec des avions de guerre russes vont continuer et à un moment ou un autre, la Turquie va encore abattre un avion. Ou deux, cela n'aura pas d'importance : Moscou déclarera immédiatement la guerre à Ankara. En effet ce n'est que comme ça que l'on pourra expliquer à la population les raisons de la baisse du niveau de vie en Russie. Il est beaucoup plus commode de tout expliquer et de déclarer l'état de guerre sous le bruit de la canonnade et bien sûr de ''serrer la vis'' et de lancer la chasse aux opposants du régime. Les tireurs de Kadyrov regardent déjà les opposants à travers les viseurs de leurs carabines de tireurs d'élite et n'attendent plus qu'un ordre prononcé distinctement pour appuyer sur la détente. Ainsi les tchékistes ne vont pas s'en aller simplement. Ils vont encore boire le sang de leur propre population, sans oublier de faire craquer les nerfs de l'Occident en attaquant la Turquie.

    Ce qui nous attend c'est la bataille décisive entre le cadavre-vampire du ''soviétisme'' et la civilisation du XXIème siècle dans laquelle il n'y a plus place pour le cadavre assoiffé de sang. Mais il ne sera plus possible d'enfoncer un pieux de tremble dans son corps à demi pourri sans qu'il n'y ait malheureusement de pertes ; cela fait déjà trop longtemps que le monde observe ce processus de pourrissement avec indifférence et sans vouloir s'en mêler. Et pour cette indifférence il lui faudra payer »

    Aleksandr Sotnik, journaliste et blogueur russe tout spécialement pour ''Apostrof''

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    1. En effet, la Russie semble chercher la confrontation avec la Turquie. Dernier revirement qui va dans ce sens : le Kremlin prétend désormais que l'attentat qui a détruit un avion de ligne russe en Egypte n'a pas été commis par l'EI mais par des nationalistes turcs.

      http://observer.com/2016/02/who-really-murdered-224-innocent-people-on-flight-9268/

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