dimanche 22 novembre 2015

Bilan d'un an et demi de gestion "nationale-libérale" de la Crimée.

Le 14 mars 2014, Vitaliy Khramov, le leader du Groupe Cosaque "Sobol'", revenait en Crimée après que, le mois précédent, la Russie eut procédé à son annexion. Il se réjouissait de pouvoir retrouver ses frères cosaques et célébrait le rattachement à la mère patrie. En effet, 3 ans auparavant, Khramov avait été expulsé d'Ukraine et déchu de sa nationalité par Kiev à cause ses activités subversives.

Le leader de la communauté Sobol revient d'exil

Le groupe Sobol fait parti de ces nombreux mouvements pan-russes favorables à la sécession et au rattachement à la Russie qui sont créés et financés par Moscou depuis le début des années 90. Ces mouvements, actifs principalement en Crimée et dans l'Est de l'Ukraine, organisaient régulièrement divers manifestations d'agit-prop : ci-dessous une vidéo de la "Marche Russe" qui rassemblait en 2009 à Simféropol plusieurs de ces mouvements cosaques et des militants du parti pan-russe "Russkiy Blok".






Khramov y parle sans détours :

"Les autorités régionales mènent la Crimée vers un désastre économique et social".

Selon lui la population est passée de 2.3 millions d'habitants à 1 million aujourd'hui. Il parle de migration interne, beaucoup d'habitants sont allés s'installer à Krasnodar où la vie est moins chère : "après 1 an et demi sous le gouvernement de Serguei Aksionov le nombre de petites et moyennes entreprises a été divisé par deux".

Khramov révèle que certaines parties de la Crimée ont été vidées de leurs habitants à cause de l'incapacité du gouvernement à y acheminer l'eau. Depuis que l'Ukraine a coupé l'approvisionnement en eau, la Crimée doit trouver les deux tiers de son eau dans des puits artésiens, qui se vident peu à peu et se remplissent d'eau de mer, remplaçant des terres fertiles par des marais salants. "L'hiver sera sec", conclut Khramov," on se dirige vers un véritable désastre humanitaire".

Ce n'est pas le seul grief de Khramov. Il reproche aussi à Aksionov, qu'il compare au "terroriste Marx", la privatisation des bâtiments publics par une décision du conseil national de Crimée de juin 2015. La privatisation du palais de la famille Romanov construit par le Grand Duc Piotr Nilolayevitch, oncle de Nicolas II, désole particulièrement l'ami Khramov : 

"Pourquoi le donner à présent ? C'est un acte criminel. Même les Ukrainiens n'avaient jamais osé faire cela."

Le cosaque Khramov ne semble pas être le seul à déplorer la tournure que prennent les événements. Certains ont manifesté leur mécontentement en profanant les portraits de qui-vous-savez. Le FSB est sur les dents et recherche les sacrilèges...

2 commentaires:

  1. En sait-on davantage sur l'arrêt de la fourniture d'électricité à la Crimée par l'Ukraine?

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    1. L'Ukraine a rétabli une des 4 lignes électriques alimentant la Crimée. Mais 90% de la péninsule reste dans le noir.

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