lundi 29 juin 2015

La Chine veut que la Grèce reste dans la zone euro.

Le premier ministre chinois Li Keqiang a affirmé lundi qu'il voulait que la Grèce reste dans l'eurozone et a promis que Pékin investirait dans le nouveau fond structurel de l'UE.

"C'est dans l'intérêt de la Chine. Nous voudrions que la Grèce reste dans la zone euro et nous prions instamment les créanciers internationaux de trouver un accord avec les Grecs", a affirmé Li devant des hommes d'affaires lors d'une conférence qui précédait le sommet UE-Chine. Il a aussi promis que la Chine investirait dans le nouveau fond de 315 milliards d'euros lancé par le Président de la Commission Européenne JC Junker, et qu'elle achèterait des bons de la Banque d'Investissement Européenne.

 "Nous sommes prêts à travailler avec l'Europe afin de renforcer la coopération en matière d'investissements. La Chine est désireuse de participer au programme européen d'investissement pour l'Europe et de faire une avancée dans le domaine du développement d'infrastructures" a ajouté Li, "La Chine veut participer au plan de l'UE".


Tian Guoli, directeur de la Bank of China, s'inquiète : "Récemment la crise de la dette grecque et l'instabilité du taux de change de l'euro ont réveillé notre préoccupation" révèle-t-il dans une interview donnée au journal de langue anglaise China Daily. "Nous espérons sincèrement que l'euro ainsi que les marchés financiers européens vont se stabiliser". [...]

Pour Wang Chin, de Westlake Europe une compagnie de pièces détachées pour l'automobile : "Nous ne nous intéressons qu'aux conséquences. Politiquement cela n'a aucune importance que la Grèce reste ou non dans l'eurozone, mais pour nos affaires nous avons besoin d'un euro stable". [...]

Guo Taicheng, directeur du Shing Kee Group: la volatilité de l'euro "ralentira le commerce entre l'UE et la Chine".

Pour l'avocat Haibin Xue, présent lui-aussi au sommet UE-Chine, la Chine a un intérêt géopolitique à ce que l'euro soit fort, parce que de cette manière l'équilibre entre puissances se déplace davantage vers un monde multipolaire, qui s'oppose au monde unipolaire dirigé par les USA. Ainsi "La Chine aimerait que la zone euro soit forte et stable".

Source.

L'actuel gouvernement grec est un conglomérat étrange de communistes et de nationalistes dont le seul point commun est d'être des fantoches du Kremlin. Leur rôle est de déstabiliser voire de faire éclater la zone euro et l'UE au bénéfice de la Russie. Mais tout cela ne semble pas être du goût des Chinois qui voient là une atteinte directe à leurs intérêts commerciaux. Tout cela a au moins le mérite de démonter le mythe des BRICs et de la "lune de miel" entre la Chine et la Russie tant vantée par les médias russes. On voit aussi que les Chinois ne voient pas l'UE comme un outil des Américains pour établir je-ne-sais-quel Nouvel Ordre Mondial, mais au contraire comme un frein à leur hégémonie.


EU-China Summit, Brussels - signing ceremony

3 commentaires:

  1. La cas de la Grèce n'est pas simple. Logiquement, il serait préférable, pour l'UE comme pour les grecs, que la Grèce reste dans l'UE.
    Problème : la Grèce est représentée par l'extrême gauche, qui s'est fait élire en mentant au peuple, c-à-d en promettant à la fois la fin de l'austérité et le maintien dans la zone euro. Comme si, pour ces gens-là, il était naturel que les 18 autres membres de la zone euro suivent une extrême-gauche qui copine avec Poutine ; et comme s'il était naturel que les 18 autres membres de la zone euro payent pour un gouvernement qui ne cesse de jouer le jeu de la division de l'UE. Tsipras n'a eu de cesse d'insulter l'Allemagne (un peu comme Mélanchon ou Le Pen, finalement), alors que l'Allemagne est l'un des premiers contributeurs de la Grèce...
    On peut comprendre certaines catégories du peuple grec, qui n'a pas vu où était passés les milliards prêtés (sans doute quelques oligarques, là-bas aussi...). D'un autre côté, les Etats membres qui ont déjà beaucoup prêté, ou ceux qui ont fait des efforts (Irlande, Portugal), où ceux qui ne roulent pas sur l'or (Slovaquie, Lituanie...) ont raison de trouver anormal que la Grèce bénéficie d'un régime de faveur sous prétexte qu'une bande de gigolos menace de quitter la zone euro

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  2. Merci pour ce texte très intéressant.

    Après une courte période d'observation, du genre wait and see, je vois autour de moi beaucoup d'exaspération, non pas contre l'UE, mais contre ces guignols qui font office de dirigeant à Athènes.

    Et si finalement, Poutine avait ouvert un front qui ne pouvait plus contrôler? Un de plus vous me direz...

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  3. Je pose ça ici :

    http://www.themoscowtimes.com/news/business/article/russia-losing-out-on-chinese-fdi/525983.html

    http://www.washingtonpost.com/blogs/monkey-cage/wp/2015/07/24/hey-putin-have-you-seen-how-much-china-is-investing-in-ukraine/

    Avec la poursuite des investissements massifs en Grèce, puis les nouvelles cibles biélorussiennes et moldaves, en plus du projet de "Nouvelle Route de la soie" qui pourrait éventuellement mais surtout pourrait ne pas se faire en coopération avec la Russie, je me demande si le "soutien" de la Chine envers la Russie n'est pas l'équivalent des rapports entre la corde et le pendu ...
    Pour moi, cela ressemble à quelqu'un qui s'apprête à occuper une place bientôt laissée vacante ...

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