vendredi 13 février 2015

Ukraine


15 commentaires:

  1. Robert Marchenoir13 février 2015 à 13:06

    Le nouvel accord de Minsk est une capitulation sans conditions de l'Ukraine et de l'Europe face à la Russie.

    1. L'armée ukrainienne est contrainte de cesser les combats et de retirer son artillerie loin de la ligne de démarcation.

    2. La frontière russo-ukrainienne reste grande ouverte, avec toute liberté pour Moscou de consolider son occupation en inondant le Donbass de troupes et d'armes lourdes.

    3. D'ailleurs, ça a déjà commencé. Au moment même où les pourparlers se déroulaient, une pénétration massive de blindés russes a été constatée.

    4. L'Ukraine est contrainte de céder le contrôle politique du Donbass aux pro-russes, donc à Moscou. Elle s'oblige à leur accorder l'amnistie, à voter une loi d'autonomie et à organiser des élections -- qui seront, bien sûr, contrôlées par les séparatistes et par Moscou.

    5. Et c'est seulement lorsque toutes ces opérations de transfert de souveraineté auront eu lieu, que l'Ukraine aura le droit de "contrôler" sa frontière avec la Russie ! A ce moment-là, il n'y aura évidemment plus rien à contrôler. Le Donbass sera devenu un protectorat russe, comme l'Ossétie du sud et l'Abkhazie, et Kiev parviendrait-il à reprendre la maîtrise de la frontière que cela ne servirait plus à rien.

    6. Mais nominalement, le Donbass reste ukrainien ! L'Ukraine s'engage à financer les pensions et tout le reste !

    7. Ce n'est pas écrit dans l'accord, mais l'Union européenne continuera évidemment à aider financièrement l'Ukraine, et donc... le Donbass... sous souveraineté de fait russe.

    8. A peine sa signature est-elle sèche que Poutine a déjà commencé à violer l'accord. Bien que celui-ci prévoie l'échange de tous les prisonniers (en termes très vagues), Moscou vient d'annoncer que l'aviatrice ukrainienne en grève de la faim ne serait pas libérée. Et la télévision russe explique à quel point il serait facile pour l'armée russe d'envahir Berlin.

    Non seulement Poutine réussit à répéter le scénario géorgien, en mutilant l'Ukraine et en assurant sa souveraineté sur une partie de son territoire, mais en plus il fait financer ses nouvelles possessions par le contribuable ukrainien, français, allemand, grec, lituanien... et il garde la liberté de poursuivre la subversion et la déstabilisation de l'Ukraine par tous les moyens ! Tout en menaçant l'Europe d'invasion et même d'attaque nucléaire !

    C'est win-win-win pour Poutine, tandis que la partie occidentale s'est fait enfiler jusqu'au trognon. Je n'aimerais pas être ukrainien en ce moment, et être européen n'est pas terrible non plus.

    Une seule consolation : contrairement à ce dont nous menaçait la propagande des réseaux poutiniens en France, le premier contrat de vente de Rafale a bien été signé -- avec l'Egypte. Et cela, alors que les Mistral ne sont toujours pas livrés. Preuve que ce n'est pas "la parole de la France" qui est en cause... mais bien celle de la Russie.

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    1. Je partage largement votre avis Robert. Mais vous savez, cette guerre risque d'être très, très longue, et ce n'est pas ce genre d'accord qui va régler quoi que ce soit. Ce genre d'accord n'engage que le cul qu'il nettoie!!!

      Pendant ce temps là par contre, la propagande russe fait des ravages, avez vous noté également le retournement de vestes de nos médias? Depuis la déclaration de Sarko, c'est à celui qui se montre plus russe que russe. Sur Europe 1, l'ambassadeur Orlov est reçu à bras ouvert pour parler, non pas de la Russie, mais de l'Ukraine. Il ne faut pas croire que sur le terrain, les ukrainiens lacheront quoi que ce soit, au contraire. Les russes seraient bien inspirés de relire les mémoires des généraux soviétiques qui considéraient les ukrainiens comme leurs meilleurs combattant, de la Grande Guerre Patriotique à l'Afghanistan.

      Cette semaine, on a pu entendre un francophone de RT déblatérer ses conneries, je ne parle même pas du reportage poubelle de TF1 affirmant que "l'armée ukrainienne bombarde des civils"...

      Je suis pessimiste sur le fait que l'opinion et les médias, un temps bienveillant vis à vis du nouveau gouvernement, ne finissent par tourner le dos...

      Alors que l'économie russe s'enfonce un peu plus, que ses soldats meurent par dizaine dans le Donbass, on nous fait croire que Poutine est en position de force... Faut vraiment être un médiocre pour penser cela.

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    2. Robert Marchenoir14 février 2015 à 14:50

      Tarkan,

      RT est un organe du Kremlin. Cela n'a pas de sens de déplorer leur propagande. Autant s'étonner que la Pravda soutienne le communisme.

      Plus gênante est l'attitude des médias et des responsables français.

      L'armée ukrainienne bombarde probablement des civils. La guerre, ça tue. Ce qui est agaçant, ce n'est pas cette constatation, c'est le fantasme contemporain de la guerre propre, selon lequel il serait possible de ne tuer que des soldats (et encore). Du coup, cela devient une bataille de propagande, où s'affrontent des indignations déplacées.

      Evidemment que l'armée ukrainienne, comme l'armée russe, bombarde des civils. Cela ne veut pas dire que l'une ou l'autre ciblent prioritairement des civils. J'habite une ville française où, pendant la Seconde guerre mondiale, "l'armée britannique a bombardé des civils", et où "l'armée américaine a bombardé des civils". Pas mal en sont morts ! Il y avait des objectifs militaires légitimes dans cette ville.

      Concernant la résistance, voyez les articles intéressants de John Schindler (ex-NSA), qui est anti-Poutine, mais juge que le gouvernement ukrainien s'y prend comme un manche, et en particulier que les effectifs de l'armée sont beaucoup trop faibles. D'autres commentateurs sérieux, pro-ukrainiens, déplorent que le pouvoir politique n'ait aucune stratégie militaire.

      Le courage, c'est bien, mais ça peut aussi être nocif. Il y a un certain romantisme slave qui est parfaitement contre-productif en matière militaire. Voyez le mythe de "l'héroïque résistance de l'armée soviétique à l'envahisseur nazi". C'est sûr que les soldats russes ont été héroïques, mais ils avaient aussi les mitrailleuses du NKVD dans le dos, tandis que la paranoïa de Staline l'a conduit à affaiblir sa propre armée par ses purges politiques, à considérer comme des traîtres les soldats qui avaient été faits prisonniers par les Allemands, et que son orgueil l'a empêché de croire, au début, à la trahison de son allié Hitler.

      On retrouve ce schéma dans l'invasion de la Crimée : courage de ce commandant ukrainien qui a marché, à la tête de ses hommes sans armes, droit sur un barrage de Russes qui leur tiraient dessus, mais courage inutile face à l'inertie de l'état-major qui a abandonné ses troupes sans ordres pendant de longues semaines, alors qu'il aurait pu, au minimum, sauver des troupes et des équipements en ordonnant l'évacuation.

      D'autres commentateurs ont une vision moins pessimiste que moi de l'accord de Minsk, en soulignant que le véritable objectif ukrainien était le cessez-le-feu.

      J'étudie en ce moment la période soviétique, et ce qui me frappe, c'est à quel point la mentalité de Poutine est similaire à la mentalité bolchevique puis communiste. On sait maintenant que ces derniers ont systématiquement exagéré les forces et la menace occidentales, qu'ils voyaient des complots anti-soviétiques là où il n'y avait rien. Poutine, avec ses assertions selon lesquelles les Etats-Unis cherchent à détruire la Russie, est le digne continuateur de Lénine, Staline et des autres.

      Paul Goble fait un travail très intéressant de traduction des commentateurs russes d'opposition, dont l'existence semble ignorée de la presse française.

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    3. Robert;

      je me suis mal exprimé, ce journaliste francophone de RT qui a déblatéré pendant 30 minutes ses conneries, c'était sur Europe 1. Tant que ces gens là restent dans leur clapier qui leur sert de télé, moi ça me va. Mais quand ils débarquent sur une radio nationale sans aucune contradiction, c'est invraisemblable.

      Il y a une lame de fond depuis plusieurs semaines qui m'inquiète. Les médias tournent leur veste et j'ai l'impression que l'opinion suivra à terme, mettant à mal le peu de chose que l'UE a faite!! Je suis très, très inquiet concernant ce point.

      Hier, Orlov encore sur Europe 1, a pris ses aises, bientôt on l'entendra péter à l'antenne, il a osé déclaré:

      "la Russie est un régime d'inspiration sociale libérale". Et c'est là que l'anesthésie fonctionne bien, tellement les gens sont matraqués, personne n'a relevé, c'est passé comme une lettre à la poste. C'est devenu parfaitement normal d'invité un diplomate russe pour parler de l'Ukraine, qui est encore un pays souverain si je me trompe!!

      Je suis tout à fait d'accord concernant l'incurie de l'état major ukrainien. Quand les US se sont mis en tête de vouloir livrer des armes, j'ai réagi immédiatement en me disant que ce n'est pas tant d'armes dont ils ont besoin (encore que...) mais d'un bon général!!!

      Vous avez bien résumé la mentalité slave que j'ai l'habitude de côtoyer. Il y a un "romantisme guerrier" totalement suranné, cette lubie de braver la mort pour montrer qu'on en a une paire, mais dans les faits, c'est contre productif car cela provoque une hécatombe même parmi les troupes bien entrainés et équipés. La même chose s'est produite durant la guerre d'Espagne.

      Le slave réagira toujours avec ses tripes, guidé par ses émotions, d'où la référence systématique aux nazebroques pour inspirer l'horreur et légitimer cette guerre. Les histoires de slaves à sang froid car joueur d'échec à 3ans, c'est du flanc, la plupart deviennent hystérique à la seule évocation de Russky Mir.

      Bien sûr que Poutine est le fruit d'un système. Quand on a tour à tour comme maître un Brejnev, un Sobchak puis un Eltsine, faut pas s'attendre à des miracles.

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    4. Robert Marchenoir15 février 2015 à 15:31

      "La Russie est un régime d'inspiration sociale libérale".

      Il sont malins... Vu d'ici, ça peut passer très bien.

      Bah oui, Poutine, il est un peu autoritaire, mais vous aussi, vous êtes socialistes... L'Etat c'est important, c'est pas des Français qui vont nous dire le contraire... Poutine, c'est Hollande en un peu plus brutal, mais vous savez, c'est des Russes, c'est un peu spécial... grand pays... blabla... beaucoup souffert... blabla... redonné sa fierté à la Russie... blabla...

      Mais vous savez, on est libéraux comme Hollande... comme Macron... nous aussi on veut faire du business... développer le pays... mais l'essentiel, c'est que "le politique commande à l'économique"... un peu comme chez vous... Il y a combien de fonctionnaires à Bercy, déjà ? Vous voyez qu'on est faits pour nous entendre...

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    5. Robert Marchenoir15 février 2015 à 15:58

      http://windowoneurasia2.blogspot.fr/2015/02/putin-has-no-interest-in-peace-in.html

      Poutine accuse les Etats-Unis de diriger une conspiration pour le chasser du pouvoir ; mais tout se passe comme s'il travaillait lui-même à rendre impossible, pour la Russie, toute autre solution qu'un renversement violent de son régime. Après quoi il pourra dire : je vous l'avais bien dit.

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    6. C'était exactement la suite de son discours!!

      Cousu de fil blanc...

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    7. Robert Marchenoir16 février 2015 à 20:37

      Ha ! Et pourtant, je n'ai pas écouté l'émission ! Vous pensez que j'aurais mes chances, auprès des "organes" ? J'aurais bien besoin d'un petit chèque, moi aussi !

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  2. Bonjour à tous,
    Heureux de vous retrouver car loin des yeux, loin du cœur, avec la longue coupure de l'un des meilleurs site de résistance à la propagande néo-soviétique, j'avais déjà presque oublié son existence.

    Je vous retrouve néanmoins très pessimistes.

    1. Certes le "cessez-le-feu" est une étape très humiliante pour le peuple ukrainien mais personne ne voyait l'armée capable de résister encore longtemps à l'armée rouge de Poutine.
    Pour rappel, ce qui terrorise le plus ce chef maffieux, c'est de voir les anciens peuples esclaves des Russes retrouver une prospérité économique et se sortir définitivement de l'ornière orientale. Tout ce qui renverra la Russie à la réelle infériorité de son modèle économico-politique devient essentiel aujourd'hui.

    2. Les medias "français" ont retrouvé leur tropisme soviétolâtre ?
    En ce qui nous concerne, il y a bien longtemps que nous (les patriotes) ne faisions plus confiance en ces guignols et c'est même plutôt amusant de voir que pour cela, ces désinformateurs ont laissé leur militantisme gay-friendly choir encore plus rapidement qu'ils ne changent de slips ...
    Ont-ils un véritable pouvoir de nuisance sur les Français et les intérêts de notre pays ? c'est loin d'être certain : n'oublions pas que les sondages montrent que le peuple français leur trouve moins de respectabilité qu'aux prostituées ...

    Pour vous donner un peu de baume au cœur, voici deux bonnes nouvelles venant du pays d'un serviteur volontaire les plus soumis au mafieux Poutine :

    Le mentor et éminence grise d'Orban vient de cesser tout soutien politique à ce pantin.
    http://www.courrierinternational.com/article/2015/02/11/viktor-orban-prive-du-soutien-des-medias

    Certes, il s'agit au premier chef d'une affaire de gros sous mais le bonhomme a l'air bien remonté.
    Peut-être verra-t-on dans les prochains jours l'émergence d'un nouveau parti qui sans jamais s'acoquiner à la canaille socialiste débarrasserait le pays de ces traîtres sans toucher et même en renforçant le conservatisme social qui n'était pour Orban qu'un vernis destiné à camoufler son autocratisme, comme je le dénonçai dès 2010 sur fdesouche.

    Un tel parti aurait toutes ses chances car seconde bonne nouvelle : le peuple hongrois reste bien plus sain que les dirigeants des partis pour lesquels il vote :

    http://www.hu-lala.org/orban-mise-sur-la-russie-les-hongrois-sur-les-etats-unis/

    Même les électeurs du parti "pan touranien" et maintenant néo-soviétique jobbik refusent majoritairement de suivre les délires de ses dirigeants ...
    Finalement, ce peuple ne demande aux partis nationalistes que de les débarrasser des nuisances provoquées par l'immigrationnisme et la préférence étrangère, certainement pas de se mêler de la vraie politique et d'importer cette préférence étrangère avec eux ...
    C'est comme ça partout en Europe.
    Les dirigeants des partis identitaires émergents feraient bien d'en comprendre les enjeux : pour l'instant, les électeurs n'ont absolument aucune confiance en la capacité des partis nationalistes à diriger le pays seuls avec leurs programme politique : il y a quelques années, ce constat m'aurait plus qu'horripilé, carrément mis en rage ; il me rassure aujourd'hui.
    La maturité, sans doute ...

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    1. Oui, j'ai exactement lu la même analyse aujourd'hui. Par exemple, en France, le succès du FN se résume plus à un ras le bol immigrationniste et insécuritaire, plutôt qu'à un tropisme poutinien. Celui-ci d'ailleurs rencontrerait une faible adhésion un peu partout, même chez les adhérents du parti qui trouvent que la soumission va un poil trop loin pour des gens qui se disent patriotes!!!

      Rassurant effectivement. Content de vous relire Lothaire!!

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    2. Les gens ne votent peut-être pas FN par poutinophilie, mais ils votent tout de même pour ce parti qui a de plus en plus de chances d'accéder au pouvoir. C'est tout ce qui importe à Poutine. Le pouvoir de nuisance qu'il aurait, serait incommensurablement plus important qu'avec la Grèce ou la Hongrie. La troisième puissance nucléaire, deuxième armée de l'OTAN, à sa botte ... Car la fille Lepen semble être aussi stupide qu'elle est autoritaire, ce qui la rend facilement manipulable. L'autre soir face à Zemmour et Naulleau elle a encore une fois réciter son petit catéchisme poutinien au sujet de l'Ukraine, insupportable...

      (Welcome back Lothaire ! :D)

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    3. Oui, insupportable, et on a pas fini!!

      Parce que si Orban semble être à bout de souffle, c'est pas la même affaire en France...

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    4. Robert Marchenoir16 février 2015 à 20:42

      L'idéologie la plus répandue en France semble tout de même celle du "je t'emmerde", et ça cadre pile-poil avec le soutien à Poutine. Poutine fait chier les autorités et les importants, donc on va soutenir Poutine pour faire chier les autorités et les importants.

      Pas besoin d'aller chercher du billard à quatre bandes et des considération "géopolitiques" raffinées.

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    5. Il est clair que quand on cherche à en savoir un peu plus sur ce soutien, genre "êtes vous allés en Russie" toussa toussa, on a des réponses d'un niveau réellement affligeant!!

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  3. Poutine a perfectionné les méthodes soviétiques, tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins, mensonges, provocations, traitrises, nostalgie de l’URSS, brutalité quand on est le plus fort, service de propagande efficace à l’extérieur et à l’intérieur, seule manque l’idéologie communiste.
    Le Donbass était la région la plus soviétisée de l’URSS, ne serait-ce que le nom des villes : 1er Mai, Armée Rouge, etc. A la fin de l’URSS et en Ukraine indépendante c’est devenu une région d’industrie en crise, certains habitants avaient la nostalgie de l’URSS et ont été entraînés par les provocations de Poutine, les russophones d’autres régions du Sud et de l’Est de l’Ukraine sont révoltés par Poutine, la propagande russe et la guerre et sont devenus de vrais Ukrainiens.
    Beaucoup de gens de droite, notamment en France, ne voient en Poutine que quelqu’un qui embête les Etats Unis, qui embête Bruxelles et quelqu’un qui est contre les fémènes, les homosexuels et le mariage gay.
    La Russie est un lointain mythique qu’ils connaissent très mal et qui joue le même rôle que la Chine, le Viet Nam ou Pol Pot jouaient pour les communistes déçus du communisme du PCF et de l’Union Soviétique.

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