dimanche 8 février 2015

Réorientation à l'Est. (ou pas)

"Le volume du commerce entre la Russie et la Chine a diminué de 36,4% en Janvier 2015 et passe à 33,2 milliards de yuans / $ 5,3 milliards /. Cela a été annoncé aujourd'hui par l'Administration Générale des Douanes (STU) chinoise.

Selon le ministère, les exportations de la Chine vers la Russie ont diminué sur la même période de 42,1% soit 17,3 milliards de yuans (2,8 milliards de dollars), les importations de marchandises russes diminuent elles - de 28,7% à 15,9 milliards de yuans (2, $ 5,000,000,000).

Le volume total du commerce extérieur en Chine a également diminué en Janvier de 10,8% à 2,09 trillions de yuans (334,6 milliards de dollars), y compris à l'export - de 3,2% à 1,23 milliards de yuans (196,9 milliards dollars), les importations diminuent de 19,7% à 860 milliards de yuans (137,7 milliards de dollars)."

Les experts russes attribuent cette diminution (plus de 42% des exportations, 42%...) aux festivités qui accompagnent le Nouvel An chinois ...



7 commentaires:

  1. Dans d'autres pays, les festivités du Nouvel An sont l'occasion d'un pic de consommation. Mais manifestement, il en est tout autrement en Chine...

    Normal quoi...

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  2. Ce cher Jacques Attali rejoint le camp des tocards empoutinés. C'est une hécatombe, à croire qu'on a plus que Cohn Bendit comme "allié":

    http://blogs.lexpress.fr/attali/2015/02/09/la-russie-doit-etre-notre-alliee/

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  3. Robert Marchenoir10 février 2015 à 19:45

    Sarkozy aussi :

    « La Crimée choisit la Russie, on ne peut pas leur reprocher. »

    « Si le Kosovo a eu le droit d'être indépendant de la Serbie, je ne vois pas comment on pourrait dire avec le même raisonnement que la Crimée n'a pas le droit de quitter l'Ukraine pour rejoindre la Russie. »

    « L'Ukraine a 42 millions d'habitants [si l'on enlève la population de la Crimée, le chiffre est presque correct], il y a un tiers de russophones… Au moins une dizaine de millions de russophones, ce n'est pas anecdotique. Il faut certainement trouver les moyens d'une force d'interposition pour protéger les russophones d'Ukraine tant que la situation ne s'est pas calmée. »


    http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/02/09/crise-ukrainienne-nicolas-sarkozy-reprend-la-rhetorique-du-kremlin_4572863_3214.html

    Le Monde précise :

    L'ancien président s'appuie peut-être sur le recensement de 2001, d'où il ressort que près de 30 % des Ukrainiens définissent le russe comme leur langue maternelle. Mais cela ne signifie en rien qu'ils le pratiquent au quotidien, alors que de la même façon, les personnes déclarant l'ukrainien comme langue maternelle peuvent très bien s'exprimer en russe.

    L'Ukraine est un pays totalement bilingue : Kiev, sa capitale, est très russophone, comme de nombreuses agglomérations du centre et même du centre-ouest. On y entend des débats à la télévision où les interlocuteurs s'expriment dans les deux langues sans que cela ne gêne personne ; les membres d'une même famille peuvent parler une langue différente…

    Par ailleurs, les régions très majoritairement russophones de l'Est et du Sud, comme Kharkiv, Dnipropetrovsk ou Odessa, ont très largement fait le choix de l'Ukraine dans le conflit actuel. La décision prise à Kiev en février 2014 mais jamais promulguée d'ôter au russe son statut de langue régionale a joué un rôle dans le déclenchement des troubles dans le Donbass, mais ce rôle est mineur.


    Mon hypothèse : l'argent. Il y a du pognon à se faire au Qatar, Sarkozy a montré qu'il n'y était pas insensible. De la même façon, il y a du pognon à se faire à Moscou (quoique peut-être plus pour longtemps...). La Françafrique, c'est un peu has been.

    Je veux bien que Sarkozy soit ignare en matière d'usage des langues en Ukraine, mais pour le Kosovo, c'est un peu gros : comparer le Kosovo, pays indépendant, avec la Crimée, territoire arraché à l'Ukraine par la Russie, c'est un peu se foutre du monde.

    Sans compter que le Kosovo, dont l'indépendance est certes contestée, a été reconnu par une centaine de pays de l'ONU ; tandis que l'annexion de la Crimée par la Russie a été reconnue par... quatre pays dans le monde, en dehors de la Russie, naturellement.

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    1. Je partage votre hypothèse en ce qui concerne Sarko, qui, lorsqu'il a vu le FN recevoir 10 millions, a dû se dire qu'il n'y a avait pas de raison qu'il n'ait pas sa part du gâteau.

      On peut souligner aussi l'honnêteté de l'article du Monde qui ne reprend pas sottement la propagande du Kremlin.

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    2. Robert Marchenoir11 février 2015 à 11:33

      Hypothèse :

      - Le Qatar, c'est une bulle de gaz dans une flaque de pétrole, avec la famille régnante assise dessus.

      - La Russie, c'est une bulle de gaz dans une flaque de pétrole, avec l'Etat-KGB mafieux assis dessus.

      Dans les deux cas, les autorités ont le pouvoir de brancher qui elles veulent sur la fontaine de pognon, en appuyant sur un bouton (qui a dit : comme en France ?).

      En particulier des responsables occidentaux ayant accès aux médias, capables de plaider leur cause à la face du monde avec une apparence de neutralité.

      Quand tout le monde dit la même chose (et dans le cas de la Russie, c'est frappant), soit c'est la vérité, soit c'est un mensonge organisé par quelqu'un qui tire les ficelles.

      Le plus extraordinaire, dans le discours des pro-russes occidentaux, c'est la combinaison d'une thèse qui est manifestement fausse avec des explications qui ne prétendent même pas à la vraisemblance.

      Après tout, on pourrait très bien imaginer que de nombreux leaders d'opinion répandent une thèse fausse, avec des arguments défendant un dogme politique mais solides, un parti-pris non dissimulé mais une conviction sincère et des efforts manifestes pour l'étayer, des débats approfondis entre ceux qui défendent une variante du dogme ou une autre, etc.

      C'est bien ce que nous avons connu avec le communisme -- et que nous connaissons toujours avec les diverses convictions de gauche qui lui ont succédé.

      Mais avec le poutinisme, c'est différent. Il est impossible de lire les articles pro-russes d'un Jacques Sapir, par exemple, et de se dire que ce type croit à ce qu'il écrit. Il ne fait même pas semblant. Il fait juste du copier-coller des fiches de propagande du Kremlin -- elles-mêmes particulièrement grossières, et ne faisant aucun effort de vraisemblance particulier.

      Et tous les poutinistes répètent la même chose comme des perroquets. Aucun ne fait d'effort pour défendre sa propre version du poutinisme, pour définir ses propres raisons de défendre la Russie, aucune controverse n'oppose les poutinistes entre eux.

      C'est vraiment une situation inédite. Il y a un cynisme dans la soumission volontaire à la force, dans la recherche des menus avantages que peut dispenser un chef mafieux, qui est vraiment sidérante.

      Même la propagande soviétique, c'était mieux avant.

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    3. Robert, je n'aurais pas dit mieux!!!

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  4. Robert Marchenoir11 février 2015 à 19:59

    Merci, Tarkan. Si l'on accepte mon hypothèse, et que l'on lit "Jacques Sapir" en se disant qu'il n'a pas écrit un mot de ce qu'il publie sous son nom, mais que c'est Moscou qui parle (et même si on refuse cette hypothèse, il est intéressant, intellectuellement, de tenter l'exercice), alors son texte publié le 8 février montre que, contrairement à ce que suggère l'état présent de la propagande moscovite, et en tous cas l'état de l'opinion occidentale travaillée par les mesures actives du FSB, Poutine n'a pas la moindre intention de se calmer si on lui laisse, hypothèses successives : a) la Crimée, b) le Donbass en plus, c) l'Ukraine toute entière.

    "Jacques Sapir", en effet, nous informe que l'objectif ultime de Jacques Sapir (ou plus probablement celui du Kremlin), c'est carrément la destruction de l'OTAN (voir en fin d'article) :

    http://russeurope.hypotheses.org/3413

    Voilà qui suggère que l'option munichoise -- soyons gentils avec le bon Monsieur Poutine, et il va se calmer -- a les mêmes chances de succès que... les accords de Munich, justement.

    D'ailleurs, au même moment où des analystes poutino-réticents comparent l'équipée moscovite de Hollande et Merkel aux accords de Munich de 1938 (sans la Tchécoslovaquie à l'époque, sans l'Ukraine aujourd'hui), Sapir a le culot de titrer son article "Moscou, Munich et Minsk", sous prétexte qu'un sommet sur la sécurité vient effectivement de se tenir à Munich, et que Poutine y a jadis prononcé un discours.

    On peut, sans trop se forcer, y voir la patte de l'humour de kaguébiste pervers dont Poutine est coutumier ; celui, par exemple, qui lui fait conseiller à un journaliste posant une question gênante sur les musulmans "d'aller se faire circoncire en prenant garde à ce que cela ne repousse pas" (je cite de mémoire).

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